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Les investisseurs cherchant à évaluer le risque que constitue pour les distributeurs de produits de la mer la perte de biodiversité marine – qui est une menace majeure – ont besoin de données fiables, transparentes et traçables. BNP Paribas Asset Management s’est associé à Planet Tracker pour mener une étude de cas qui montre que l’amélioration de la durabilité de l’approvisionnement en produits de la mer peut améliorer les performances financières. Les explications de Robert-Alexandre Poujade.   

Nombreux sont les grands investisseurs – dont BNP Paribas Asset Management (BNPP AM) – à être exposés à la chaîne de valeur des produits de la mer. Leurs investissements ciblent généralement les acteurs en aval, comme les distributeurs alimentaires, plutôt que les entreprises en amont, comme les pêcheries ou les transformateurs alimentaires.

Ces investissements les exposent au risque de perte de la biodiversité marine, via la surpêche par exemple. Il peut être difficile pour les investisseurs de comprendre les conséquences de cette situation, notamment car les données disponibles sont, au mieux, fragmentaires.

Améliorer le bénéfice net

Pour résorber ce déficit de données, BNPP AM s’est associé à Planet Tracker, un groupe de réflexion financier à but non lucratif dont l’objectif est de contribuer à un meilleur alignement entre les marchés financiers et les enjeux de durabilité. Les deux partenaires ont mené une étude sur l’un des plus grands distributeurs alimentaires au monde afin d’évaluer la durabilité actuelle des produits de la mer (approvisionnement) et de déterminer si l’adoption de pratiques plus durables permettrait également d’améliorer les résultats financiers.

Le concept de « limites planétaires » est de plus en plus utilisé par les investisseurs pour évaluer les performances extra-financières – bonnes ou mauvaises – des entreprises à intégrer dans leurs portefeuilles.

Planet Tracker aide les professionnels de la finance à améliorer leur processus décisionnel en leur fournissant des recherches axées sur l’analyse des données et menées sous un angle financier, qui évaluent le potentiel de verdissement des secteurs industriels.

Son protocole de durabilité des produits de la mer, dont le code source est ouvert, peut aider les détaillants, les transformateurs et les distributeurs à améliorer la durabilité des écosystèmes océaniques en modifiant leur approvisionnement.

Quatre millions de nouvelles données

Dans son étude « How retailers can be sustainable and profitable in seafood », Planet Tracker présente une étude de cas illustrant le déploiement de son outil. L’étude porte sur Carrefour, l’un des 10 plus grands distributeurs alimentaires au monde, en utilisant des millions de données non publiques sur les achats de produits de la mer de l’entreprise.

L’étude montre que Carrefour a sensiblement amélioré son approvisionnement en produits de la mer en le rendant plus durable et plus local, mais aussi en luttant contre la pêche illégale. Sur les 13 indicateurs de durabilité du protocole, Carrefour a obtenu de bons résultats ou progresse sur la bonne voie pour 11 d’entre eux.

Des performances financières plus élevées

Ce qui est encourageant – et qui pourrait concerner tous les distributeurs de produits de la mer -, c’est que l’amélioration de la durabilité globale de son approvisionnement en produits de la mer a permis à Carrefour d’accroître ses performances financières. Par exemple, l’étude a montré que l’entreprise réalisait certaines de ses marges les plus faibles sur les espèces les plus surexploitées.

Si Carrefour révélait les caractéristiques de sa chaîne d’approvisionnement en produits de la mer (par exemple, sur via l’Ocean Disclosure Project), il bénéficierait d’un avantage financier net équivalant à 3 % de son bénéfice brut estimé sur les produits de la mer en France. Le soutien aux initiatives sur la traçabilité des produits de la mer (par exemple, le GDST) pourrait également être monétisé, selon l’étude.

De nouvelles perspectives

Cette étude a permis à Carrefour de mieux cerner la méthode à suivre pour améliorer la durabilité et les performances financières de son activité de produits de la mer. La mention « pêché à la ligne » sur les emballages des produits a déjà suscité une réaction positive de la part des consommateurs.

Les investisseurs et les prêteurs peuvent réduire leurs risques et améliorer leurs performances en établissant un dialogue avec les distributeurs alimentaires qu’ils financent sur les moyens à leur disposition pour aligner leurs stratégies de croissance des revenus, des bénéfices et des flux de trésorerie sur la durabilité des océans.

Les initiatives potentielles incluent :  

  • assurer une transparence accrue des chaînes d’approvisionnement en produits de la mer
  • faire évoluer l’approvisionnement en produits de la mer vers des choix plus durables
  • fixer des objectifs temporels pour la traçabilité des produits de la mer
  • soutenir les initiatives visant à fournir des incitations financières aux fournisseurs qui mettent en œuvre des solutions de traçabilité. 

Avertissement

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