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Coronavirus – Mise à jour hebdomadaire – 13 Mai 2020

Blog, Coronavirus

Marina CHERNYAK
 

Prudents débuts pour le déconfinement Pas de tendance sur les marchés boursiers Les grandes banques centrales disposées à faire plus, si nécessaire

Au 13 mai, le nombre total de cas d’infections au COVID-19 a franchi la barre des 4,3 millions et le nombre de décès atteint presque 300 000. L’attention va désormais se porter sur le suivi des nouvelles contaminations qui pourraient indiquer l’émergence d’une seconde vague après le déconfinement.

  • Les pays qui ont déjà mis fin au confinement en Europe – Autriche, Danemark et République tchèque – ne présentent pas de pics notables de nouvelles infections (voir graphique 1 ci-dessous). En conséquence, l’assouplissement des mesures se poursuit. Les données relatives à ces pays sont un indicateur clé et les investisseurs vont sans doute scruter l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la France à la recherche du moindre signe de seconde vague.

Graphique 1 :

Covid-19 daily new infections in countries among the first to exit lockdown FR

  • La situation est plus préoccupante suer le continent américain. Aux États-Unis, le nombre de nouvelles infections diminue considérablement. Lors de son audition par le comité de santé du Sénat américain, le Docteur Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et maladies infectieuses, a indiqué que la réouverture pourrait « nous remettre sur la voie de la reprise économique ». Dans le même temps, le Brésil a enregistré plus de 12 000 décès (soit plus de trois fois plus que le Mexique, qui pointe à la deuxième place pour le nombre total de décès). Un éditorial récent de la revue médicale The Lancet a demandé au Président Bolsonaro de « changer radicalement de cap ».

R0 – Le taux de reproduction de base – un indicateur clé

Avec l’accent désormais mis sur la capacité du gouvernement à maîtriser l’épidémie sans confinement, nous prévoyons que R0 – le taux de reproduction de base – va devenir un indicateur clé pour le marché. R0 estime la moyenne du nombre de nouveaux cas entraînés par chaque cas infectieux au sein d’une population entièrement à risque (dont l’immunité acquise est nulle). Il ne doit pas être confondu avec le taux de reproduction net ou effectif, R, qui s’ajuste en fonction de l’immunité au sein de la population.

L’Institut Robert Koch publie désormais une estimation quotidienne de R0 pour l’Allemagne. La dernière estimation, basée sur des cas notifiés par voie électronique au 12 mai, a fait ressortir un taux de reproduction de base compris entre 0,79 et 1,10 (intervalle de confiance de 95 %) avec une estimation centrale légèrement inférieure à 1.

Actualité économique

Les données « objectives » reflétant l’impact des mesures de confinement sur l’activité économique commencent à être connues. Nous disposons déjà des estimations préliminaires du PIB au 1er trimestre pour un certain nombre de pays. Cependant, ces estimations contiennent généralement peu d’informations sur l’activité économique du dernier mois du trimestre, c’est-à-dire précisément le moment où a commencé le confinement.

Des données plus détaillées sur la production industrielle et manufacturière sont disponibles pour mars (voir graphique 2 ci-dessous). La contraction économique a été très différente d’un pays à l’autre. Ces différences sont, bien sûr, liées à l’ampleur et à la sévérité des mesures de confinement. La production manufacturière est restée globalement inchangée entre février et mars en Suède, a baissé d’environ 5 % au Royaume-Uni et aux États-Unis, de 10 % en Allemagne, de près de 20 % en France et 30 % en Italie. Il n’est pas exclu que la production manufacturière ait continué de baisser au Royaume-Uni – rattrapant ainsi l’Europe continentale – en avril où le confinement a été plus strict.

Graphique 2 :

Changes in level of manufacturing output among developed nations FR

Politiques économiques – les discussions se poursuivent en Europe

Les évolutions en Europe restent au centre de l’attention après la décision de la Cour constitutionnelle allemande la semaine dernière. Des précisions sur le programme défini par l’Eurogroupe du 9 avril ont été apportées le 8 mai. Le Mécanisme européen de stabilité va mettre en œuvre le plan de riposte à la crise provoquée par la pandémie en accordant des prêts aux Etats. Les discussions sur les modalités du fonds de relance (Recovery Fund) se poursuivent mais l’Eurogroupe n’est pas encore parvenu à une conclusion.

Nous resterons préoccupés par les conséquences à long terme de la pandémie pour l’Europe tant que les ministres des Finances et les dirigeants de la zone euro ne seront pas en mesure de parvenir à un consensus autour d’un programme solidaire et suffisamment important, qui donnerait à chaque pays les moyens de soutenir son économie « quoi qu’il en coûte ».

A plus long terme, il est possible que les investisseurs partagent les inquiétudes d’Ángel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, qui a averti que le coût de la lutte contre la pandémie « reviendra nous hanter » étant donné la situation de nombreuses économies avant ce choc- ou, comme il l’a formulé :

« Il va être difficile de prendre notre envol : les dettes constituent un lourd fardeau que nous alourdissons davantage »

Perspectives de marché

  • Les actifs risqués restent soutenus par les interventions des banques centrales et par la modeste amélioration du sentiment. Les actions ont continué à se redresser, bien qu’à un rythme moins soutenu ces derniers jours. Les spreads de crédit se sont légèrement resserrés et la volatilité est revenue à ses niveaux de mi-février. Cet environnement devrait perdurer, avec une volatilité plus faible et des marchés sans grande tendance. L’hypothèse que toute baisse entraînerait davantage d’interventions des banques centrales ou de mesures de relance budgétaire sous-tend cet optimisme prudent.
  • Il existe bien évidemment des risques, notamment si les licenciements temporaires deviennent permanents et se traduisent par une consolidation du taux de chômage à un niveau élevé. Cette situation, combinée au récent durcissement des conditions d’octroi de prêts, pourrait empêcher un rebond durable des prix des actifs. Jusqu’à présent, les marchés financiers se sont découplés de l’économie réelle grâce au soutien des banques centrales. Si le rebond économique reste faible, les marchés financiers pourraient de plus en plus refléter la situation de l’économie réelle via un nouvel ajustement des valorisations.
  • Une question clé est le rythme de la reprise de la demande mondiale. Les contrats à terme les plus éloignés sur le pétrole indiquent que la reprise pourrait être plus lente que ce qu’anticipent les analystes financiers. Cependant, la Chine approche du moment où un assouplissement significatif du crédit contribue au rebond. Cela pourrait indiquer la voie à suivre pour les économies qui commencent à sortir du confinement. Les tensions renouvelées entre les États-Unis et la Chine, sur fond de campagne électorale aux Etats-Unis, peuvent limiter le rebond alors que l’accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine conclu en début d’année pourrait être remis en cause.
  • Il est probable que des mesures supplémentaires de relance vont être prises dans la mesure où certains secteurs (compagnies aériennes, tourisme, commerce de détail, etc.) auront besoin d’un soutien accru. Cette reprise inégale accroît la dispersion des bénéfices des entreprises et des spreads de crédit, des secteurs entiers ou même des pays subissant de fortes pressions. Dans un tel environnement, la sélection des actifs et l’allocation du risque seront probablement plus importantes que les stratégies directionnelles.
  • Les actifs des marchés émergents ont été durement touchés par la combinaison d’une baisse du commerce mondial, d’une appréciation du dollar et d’une hausse de la volatilité. Cela a provoqué une importante dispersion sur les dettes émergentes. Cependant, avec la fin des sorties de capitaux et la perspective d’une dépréciation du dollar américain, certaines opérations de portage paraissent à nouveau attractives, en particulier en Asie où la crise COVID-19 a été mieux gérée.

Résumé de l’allocation d’actifs

Le suivi de nos indicateurs-clés reste crucial alors que les économies développées commencent prudemment leur déconfinement.

En termes d’allocation d’actifs, nous conservons une exposition stratégique au risque de marché. Nous privilégions le crédit Investment grade européen et américain (financé par des emprunts d’État) et sommes surexposés sur les actions des marchés émergents et britanniques, sur les matières premières et sur la dette émergente en devise forte.

Tactiquement, notre exposition au risque est limitée avec des positions vendeuses sur le S&P 500 et sur les actions de la zone euro. Un recul des marchés constituerait une opportunité pour augmenter à nouveau notre exposition au risque.

Denis Panel, responsable de la gestion multi-actifs et des solutions quantitatives (MAQS -Multi-Asset and Quantitative Solutions), et Marina Chernyak, économiste senior et coordinateur de la recherche COVID-19.

Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication, sont basées sur les informations disponibles et sont susceptibles d’être modifiées sans préavis. Chaque équipe de gestion de portefeuille peut avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent aussi bien diminuer qu’augmenter et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas leur mise de fonds initiale. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

L’investissement dans les marchés émergents, ou dans des secteurs spécialisés ou restreints, est susceptible d’être soumis à une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un degré élevé de concentration, d’une plus grande incertitude parce que moins d’informations sont disponibles, qu’il y a moins de liquidité ou en raison d’une plus grande sensibilité aux changements des conditions du marché (conditions sociales, politiques et économiques).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la majorité des marchés internationaux développés. C’est pourquoi les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent présenter un risque plus important.

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