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Investissement durable : « Nous ne sommes pas de simples spectateurs »

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BNP Paribas Asset Management
 

Jane Ambachtsheer, Responsable mondiale « Sustainability » chez BNP Paribas Asset Management (« BNPP AM »), aborde quelques-unes des grandes questions concernant l’investissement durable et le recours aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) pour la sélection d’actifs qui répondent à la volonté d’investir pour un avenir bas carbone et inclusif.

Quelle est votre vision de l’investissement durable et quelle est l’approche de BNPP AM en la matière ?

Chez BNPP AM, l’investissement durable repose sur quatre piliers :

  • Conduite responsable des entreprises : cette politique est alignée sur les principes du Pacte mondial des Nations unies. Elle englobe des politiques sectorielles qui excluent des investissements dans des secteurs tels que le charbon et le tabac, par exemple.
  • Intégration ESG : notre objectif est que chacun de nos quelque 80 processus d’investissement respecte pleinement nos lignes directrices en matière d’intégration ESG.
  • Engagement et dialogue (« stewardship ») : nous exerçons activement nos droits de vote aux assemblées générales. Nous n’hésitons pas à voter contre une équipe de direction quand nous estimons qu’il est indispensable qu’elle accorde une plus grande importance à sa communication d’informations sur le climat, par exemple, ou aux questions de diversité.
  • Concentration sur la transition vers une économie bas carbone et inclusive, ainsi que sur la participation des entreprises individuelles et des États à ce processus.

S’agissant de la promotion de pratiques responsables, qu’en est-il des actions menées ?

BNP Paribas Asset Management est un membre actif de l’initiative Climate Action 100+ et fait donc partie des près de 300 investisseurs, totalisant 30 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, qui ciblent les principaux émetteurs de gaz à effet de serre. Nous demandons à ces sociétés de présenter un plan de développement aligné sur une limitation du réchauffement climatique à 2°C, de disposer d’un conseil d’administration compétent en matière de questions climatiques et de communiquer des informations appropriées sur les aspects en lien avec le climat.

On observe un changement fondamental en matière d’orientation des flux de capitaux à mesure que la prise de conscience des enjeux ESG se développe ; les détenteurs d’actifs s’alignent davantage sur ces critères et s’emploient à clarifier et à harmoniser la terminologie et les informations présentées. Quelle est la contribution de BNPP AM à ces développements ?

Nous soutenons l’Alliance mondiale pour la recherche en finance et investissement durables (Global Research Alliance for Sustainable Finance and Investment, GRASFI). Regroupant 18 universités de renommée internationale, cette alliance cherche à créer une discipline universitaire axée sur la finance et l’investissement durables.

Nous faisons également partie du comité du CFA Institute qui œuvre à l’établissement d’un nouveau standard ESG. Dans le cadre de notre propre reporting, nous couvrons l’impact de chacune des composantes de l’investissement durable, à savoir les exclusions, la gestion des risques, l’engagement et la promotion d’un modèle de croissance économique durable. Nous allons publier, pour la première fois, un rapport exhaustif sur l’ensemble de nos activités de « stewardship ».

L’investissement durable s’est-il généralisé ?

Nous sommes passés d’une situation où les gérants devaient expliquer pourquoi ils mettaient tant l’accent sur l’investissement durable à une situation où on leur demanderait aujourd’hui d’expliquer pourquoi ils lui accordent si peu d’importance, si tel était le cas. L’investissement durable est devenu incontournable.

En tant que détenteur d’actifs, nous devons mener une politique d’engagement active, songer à l’avenir et assurer une économie durable. C’est ainsi qu’il faut procéder pour concilier performance financière et impact social et environnemental.

La qualité de la gouvernance est devenue une condition préalable à toute décision d’investissement, y compris sur les marchés émergents. Elle représente désormais une thématique dans le cas d’émetteurs tels que les entreprises superstars, notamment dans le secteur technologique où la gouvernance et l’accès des actionnaires sont souvent de moindre qualité que les pratiques observées dans d’autres secteurs. Un nombre croissant d’investisseurs s’engagent à promouvoir les bonnes pratiques en matière de gouvernance.

Quelles seront les prochaines classes d’actifs concernées ?

Après les actions, l’investissement durable s’étend à des classes d’actifs qui n’ont pas encore vraiment fait l’objet de recherches sous l’angle de la durabilité.

  • C’est le cas par exemple de l’investissement dans la dette privée. Dans ce domaine, l’obtention d’informations de la part des sociétés se révèle plus difficile, la fenêtre d’analyse est étroite et l’accès aux entreprises peut ne pas être direct.
  • S’agissant des produits structurés, nous travaillons à l’élaboration d’une politique d’investissement responsable dans les instruments dérivés.
  • En ce qui concerne les produits de taux, nous sommes en train de finaliser notre méthodologie de recherche axée sur les émetteurs souverains. Nous nous concentrons sur les performances ESG des États, aussi bien en absolu que du point de vue de leur capacité relative à mettre en œuvre des pratiques ESG solides au regard de leur niveau de revenu, que ce soit sous l’angle des infrastructures sociales, des établissements scolaires ou des hôpitaux. Nous examinons également la performance climatique des États : sont-ils sur la trajectoire 5°C ou 2°C ?

La lutte contre le changement climatique est au cœur du développement durable. Quelle est l’approche d’un détenteur d’actifs en la matière ?

Les clients exigent et méritent de travailler avec des institutions financières qui reconnaissent et endossent le rôle qu’elles ont à jouer dans la construction d’un avenir aligné sur les objectifs de l’Accord de Paris. C’est ce que nous faisons dans le cadre de l’initiative Climate Action 100+, et nous encourageons activement les responsables politiques à mettre en œuvre les changements nécessaires à la transition vers une économie bas carbone.

Nous nous employons également à aligner progressivement l’ensemble de nos portefeuilles sur le scénario 2 °C de l’Agence internationale de l’énergie et le mouvement de décarbonisation.

Comment les investisseurs peuvent-ils sélectionner les bons fonds / gérants ?

Ils doivent porter leur attention sur le processus de gestion, ainsi que sur le portefeuille. Chez BNPP AM, le processus suit les lignes directrices internes en matière d’intégration ESG : nous veillons à ce que chaque processus de gestion respecte les mêmes critères et à pouvoir communiquer sur celui-ci. Du point de vue de mon expérience au sein du secteur, il s’agit d’une approche unique.

Nous voulons que tous nos portefeuilles présentent un score ESG supérieur à celui de l’indice de référence relatif. Afin d’aider les investisseurs dans leur évaluation de ces stratégies, nous voulons être transparents sur nos opérations et sur les raisons qui les motivent en fournissant des informations régulières sur nos résultats effectifs.

Quel est votre défi majeur à relever dans ce domaine ? Quelle est la principale opportunité ?

L’obtention d’un flux régulier d’informations fiables représente un défi, car ces données ne sont pas toujours publiées par l’entreprise ou l’émetteur. La moitié des informations sur l’empreinte carbone se trouve estimée actuellement. Du côté positif, les investisseurs et les régulateurs incitent à la communication d’informations par les entreprises.

À nos yeux, la principale opportunité réside dans le rôle que la finance peut jouer dans la transition vers une économie bas carbone et inclusive. Pour la communauté financière, l’investissement durable n’est pas qu’une opportunité, c’est aussi une obligation. Nous ne sommes pas de simples spectateurs.

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