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Mise à jour hebdomadaire – 16 décembre 2020 – Vivement que cette année s’achève

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BNP Paribas Asset Management
 

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Les marchés sont tiraillés entre préoccupations de court terme et espoirs de moyen terme sur fond de mauvaises nouvelles sur l’épidémie et de progrès sur les vaccins. Les politiques monétaires sont toujours très accommodantes.

Depuis le nouveau point haut enregistré le 8 décembre, les actions mondiales ont connu une évolution un peu plus hésitante. L’indice MSCI AC World en dollars est parvenu à retrouver ce niveau en clôture le 15 alors que, la veille, il perdait 0,8 % par rapport au 8. Aux Etats-Unis, l’indice S&P 500 termine en baisse de 0,2 % par rapport à son point haut du 8 décembre. Les actions européennes affichent elles aussi une légère baisse sur la même période mais progressent solidement dans la matinée du 16.

En ce qui concerne les obligations gouvernementales, les variations sont restées limitées. Le mouvement le plus remarquable est la détente des taux périphériques de la zone euro suite aux annonces de la Banque centrales européenne du 10 décembre. L’augmentation et la prolongation du programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP) et la volonté affichée de « préserver des conditions financières favorables » constituent de facto une politique de contrôle de la courbe des taux et des spreads.

Les taux portugais à 10 ans semblent désormais bien installés sous 0 % et les taux espagnols les ont rejoints cette semaine. L’écart entre les taux italiens à 10 ans et leurs homologues allemands se dirige vers 110 pb, soit ses plus bas niveaux depuis début 2016.

L’épidémie ne faiblit pas…  

Alors que tout le monde voudrait avoir l’esprit à la fête en cette fin d’année, la dynamique suivie par le taux de reproduction du virus (R qui désigne le nombre de personnes qui peuvent être contaminées par un individu infecté) redevient préoccupante. R est en effet repassé significativement au-dessus de 1 ces derniers jours dans plusieurs pays (Allemagne, plus de la moitié des Etats américains) ou s’en rapproche dangereusement (Espagne, France, …). En conséquence, de nouvelles restrictions ont été mises en place. Aux Pays-Bas par exemple, les mesures entrées en vigueur le 14 décembre pour cinq semaines sont beaucoup plus strictes que lors de la première vague.

Ces annonces un peu partout dans le monde ont presque fait passer au second plan le début des campagnes de vaccinations au Royaume-Uni la semaine passée et aux Etats-Unis cette semaine. La réactivité des agences d’autorisation de mise sur le marché et l’engagement des gouvernements à distribuer le vaccin au plus grand nombre sont pourtant les éléments indispensables pour envisager que ces « stop and go » des économies liés à l’alternance des périodes de restrictions et d’assouplissements cèdent la place au retour à la normale pour l’activité en 2021.

Quelques avancées politiques

A l’issue du Conseil européen des 10 et 11 décembre, les dirigeants sont parvenus à un compromis sur le cadre financier 2021-2027 qui ouvre la voie au plan de relance Next Generation EU. La Pologne et la Hongrie, qui s’inquiétaient du mécanisme liant l’accès aux fonds européens au respect de l’Etat de droit, ont accepté de lever leur veto puisqu’il a été stipulé dans les conclusions que « la simple constatation de l’existence d’une violation de l’état de droit ne suffit pas à déclencher le mécanisme ». Il s’agit d’un pas important alors que la recrudescence de l’épidémie de coronavirus et la nécessité de prolonger, voire d’amplifier, la plupart des aides publiques en 2021 rendent cette solidarité budgétaire européenne encore plus pressante.

Les négociations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur les conditions de leurs futures relations à l’issue de la période de transition n’ont pas abouti mais se poursuivent alors qu’elles auraient dû s’interrompre le 13 décembre. Du point de vue des marchés, seuls les actifs britanniques (Gilts et livre Sterling essentiellement) réagissent pour le moment aux rumeurs en provenance de Londres ou de Bruxelles. Les investisseurs semblent toujours anticiper un accord de la dernière heure.

Aux Etats-Unis, les grands électeurs ont voté le 14 décembre conformément aux résultats du scrutin du 4 novembre, entérinant la victoire de Joe Biden. Du côté du Congrès, les négociations sur un nouveau de relance se poursuivent parallèlement à celles sur la prolongation du budget actuel pour éviter la fermeture partielle (shutdown) de l’administration fédérale. Déjà repoussé d’une semaine, l’ultimatum est désormais fixé au 18 décembre. La situation sanitaire et un congrès en fin de législature plaident a priori pour un accord sur ce thème.

En attendant la Réserve fédérale américaine

 L’attention des investisseurs va se détourner momentanément du volet budgétaire pour se reporter sur les décisions de la Fed mercredi 16. Peu de changements sont attendus du strict point de vue des mesures de politique monétaire.

Les prévisions du FOMC sur la croissance et l’inflation ne devraient pas être sensiblement modifiées : la mise à disposition de vaccins réduit le risque d’un scénario baissier mais la croissance fin 2020/début 2021 devrait être moins solide que prévu.

Pour les observateurs, la principale question sera de voir combien de membres du FOMC estiment qu’une hausse des taux en 2023 serait appropriée. Le swap OIS (overnight indexed swap) ne fait pas ressortir de hausse avant la mi-2024. Pour la dernière réunion de l’année, l’exercice de communication sera délicat pour Jerome Powell.

Le nouveau cadre de la politique monétaire qui guide l’évolution des taux directeurs commence à devenir familier et les prochaines annonces devront donner plus d’indications sur la durée des achats de titres dans le cadre de l’assouplissement quantitatif.

Déchiffrer les indicateurs économiques

Les données objectives en Chine sont restées très encourageantes pour novembre, la production industrielle et les ventes au détail se sont révélées conformes aux attentes et ont poursuivi leur progression. En glissement annuel, la hausse des ventes au détail ressort désormais à 5 %, validant l’hypothèse d’une croissance autoentretenue sur fond de maîtrise de l’épidémie.

Dans les économies développées, les enquêtes auprès des directeurs d’achats ont été publiées de façon anticipée. Selon l’estimation préliminaire, les indices PMI (Purchasing Manager Index) ont dépassé les attentes, y compris dans le secteur des services où l’indice est remonté de 41,7 à 47,3 dans la zone euro. L’activité dans le secteur manufacturier s’est accélérée : l’indice en Allemagne a atteint 58,6 (plus haut en près de 3 ans) et, en France, il est parvenu à repasser au-dessus de 50 (51,1), ce qui a permis à l’indice composite français de revenir à 49,6, au plus haut en 4 mois.

Dans la mesure où le recueil des données s’est interrompu au 15 décembre, ces indices ne prennent pas en compte le fait que le gouvernement français n’a pas été en mesure de desserrer les restrictions autant qu’il l’envisageait ni que le gouvernement allemand les a durcies.

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Les estimations des prévisionnistes publics et privés concordent pour conclure que les effets sur l’activité des mesures prises à l’automne pour endiguer la seconde vague de l’épidémie seront moins négatives qu’au printemps.Elles sont dans l’ensemble moins drastiques et, surtout, les entreprises ont adapté leurs processus de production et de vente à la nouvelle situation. Leurs effets seront malgré tout négatifs sur l’activité et risquent de l’être sur la confiance des agents économiques.

Notre scénario central pour 2021 prévoit que les investisseurs se projetteront au-delà de ces contractions temporaires du PIB mais des variations plus heurtées des marchés financiers restent possibles à court terme. Il est vraiment temps que 2020 s’achève.

C’était notre dernière mise à jour hebdomadaire de 2020. Nous reprendrons cette publication le 6 janvier 2021.

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