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Mise à jour hebdomadaire – 9 juin 2021 – En attendant Godot dans le désert des Tartares

Blog

Nathalie Benatia
 

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La hausse des actifs risqués se poursuit sur fond de détente des taux longs et de perspectives économiques encourageantes alors que l’activité reprend grâce au reflux de l’épidémie. Toutefois, une question tourmente les investisseurs et les empêche de retrouver pleinement la sérénité : où va l’inflation ? Il n’est pas certain que les chiffres américains attendus ce jeudi apportent une réponse définitive.

Pandémie – Bienvenue dans le monde d’après !

Nous y sommes presque. Les dernières données sur l’épidémie de Covid-19 confirment la tendance à la baisse du nombre de contaminations et de décès, y compris en Asie où les premières semaines de mai avaient été marquées par une inquiétante recrudescence, en Inde mais aussi dans d’autres pays jusqu’alors plutôt épargnés.

L’inquiétude se focalise désormais sur la contagiosité des variants et sur l’augmentation localisée du taux de reproduction du virus. Cette situation a conduit le gouvernement britannique à s’interroger sur le calendrier de déconfinement alors que la dernière étape est prévue pour le 21 juin.

Les études concordent pour conclure que la vaccination complète reste efficace contre le variant delta très présent au Royaume-Uni et dont l’incidence augmente aux Etats-Unis et en Europe continentale.

Carnet de vaccination

La part de la population totale ayant reçu deux doses de vaccin devient l’élément-clé à suivre. Ce ratio est de près de 60 % en Israël, plus de 40 % aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, et autour de 20 % dans les grands pays de la zone euro (données au 7 juin 2021). Le succès des campagnes de vaccination crée de nouveaux écueils : il devient plus difficile de trouver de nouveaux candidats, ce qui entraîne un essoufflement du rythme de la vaccination, particulièrement visible aux Etats-Unis où une part importante de la population (de l’ordre de 20 %) se déclare opposée au vaccin.

Pour les autorités, trouver la bonne solution entre incitation et coercition sera le défi des prochaines semaines.

Economie – Bienvenue dans le monde d’après ?

Le rapport sur l’emploi américain publié le vendredi 4 juin a suscité plus de perplexité qu’il n’a apporté de réponse. Les créations nettes d’emplois non agricoles en mai ont déçu mais d’une façon moins spectaculaire qu’en avril : 559 000 créations nettes ont été enregistrées alors que 675 000 étaient attendues. Les créations se font majoritairement dans le secteur de l’hôtellerie-restauration et des loisirs (près de 300 000 chaque mois depuis mars). En mai, la réouverture des écoles et la reprise des cours en présentiel a permis la création de 144 000 emplois (publics et privés) dans l’éducation. Malgré ces progrès, l’emploi se situe 7,6 millions sous son niveau prépandémique.

Quelle évolution pour les salaires ?

Certains observateurs mettent en avant la réticence des employés à accepter un poste pour des questions sanitaires (peur d’être contaminés au travail, personnes touchées par la Covid) ou pratiques (garde des enfants, prise en charge des malades dans l’entourage familial). D’autres évoquent des allocations chômage plus élevées qu’en temps normal aux Etats-Unis, du fait du complément fédéral, qui retarderaient le retour à l’emploi. Une enquête auprès des responsables des petites entreprises a révélé qu’ils sont 48 % à ne pas parvenir à embaucher. Dans le même temps, le nombre d’ouverture de postes (selon l’autre enquête publiée par le BLS – Bureau of Labor Statistics – dite JOLTS pour Job Openings and Labor Turnover Survey) a atteint le niveau record de 9,3 millions en avril.

La demande sur le marché du travail est solide, l’offre semble l’être un peu moins. Il n’est pas certain qu’il en résulte une augmentation durable des salaires. Les données sont encore trop volatiles pour permettre de conclure. Les salaires horaires ont connu une accélération inattendue en mai mais la statistique recalculée par la Réserve fédérale d’Atlanta pour gommer les effets de structure (fortes variations de la composition de l’échelle des salaires) n’a, pour le moment, pas fait apparaître d’accélération notable (avec des données arrêtées à avril).

Temporaire jusqu’à quand ?

Le message des grandes banques centrales sur l’inflation n’a pas varié. Au-delà de la prise en compte des chiffres plus élevés qu’attendu depuis le début de l’année, qui devrait conduire la Banque centrale européenne (BCE) cette semaine et la Réserve fédérale américaine (Fed) la semaine prochaine à réviser à la hausse leurs prévisions d’inflation pour 2021, le thème d’une accélération temporaire des prix à la consommation reste dominant.

L’indice des prix à la consommation qui doit être publié jeudi 10 aux Etats-Unis ne devrait pas changer la donne. Le consensus attend une nouvelle accélération (de 4,2 % en avril à 4,7 % en mai pour l’inflation totale en glissement annuel) mais, comme précédemment, les fortes hausses devraient rester cantonnées aux prix qui s’étaient effondrées au printemps 2020 suite au confinement.

Graphique 1 - Inflation sous-jacente aux Etats-Unis

L’économie mondiale en transition

L’activité dans la zone euro, qui a moins baissé qu’initialement estimé au 1er trimestre (contraction de -0,3 % du PIB contre une estimation initiale de -0,6 %), devrait connaître une nette accélération au second semestre. Le rythme très soutenu enregistrée par la croissance américaine au 1er semestre devrait se normaliser. Il est légitime que les investisseurs s’interrogent sur les conséquences pour l’économie et les marchés de ces changements.

La BCE et la Fed devraient apporter de premières réponses en réaffirmant leur approche prudente de la politique monétaire malgré un scénario économique meilleur que celui qui se dessinait il y a un an.

Sur les marchés, les inquiétudes inflationnistes vont vraisemblablement connaître des flux et des reflux jusqu’à ce que les données publiées mettent en évidence le caractère temporaire des hausses de prix. Le thème de la reprise économique cyclique et mieux synchronisée entre les grandes zones géographiques pourra alors s’imposer. L’environnement à moyen terme reste favorable aux actifs risqués.

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