L'asset manager d'un monde qui change
Binocular_ISR_Sustainable_Landscape_Hand_1440x300-1024x213
  • Home
  • Economie circulaire : et si les produits d’aujourd’hui devenaient les ressources de demain ?

Economie circulaire : et si les produits d’aujourd’hui devenaient les ressources de demain ?

Dernières actualités

Isabelle BOURCIER
 

De l’économie linéaire à l’économie circulaire

L’économie dite « linéaire », caractérisée par la chaîne « extraire – fabriquer – consommer - jeter », est aujourd’hui dépassée car elle  puise dans les réserves de ressources naturelles non renouvelables, elle occasionne des déchets et des pollutions devenant problématiques, avec des conséquences néfastes sur les êtres vivants et sur l’environnement.

L’économie circulaire se présente alors comme une alternative offrant de nombreuses opportunités. Le principe est simple : l’utilisation des ressources non renouvelables est limitée à tous les niveaux (producteurs, consommateurs) et les déchets sont recyclés pour devenir matières premières. Ce système fonctionne en boucle et tend à la minimisation, voire à la suppression complète des déchets.

Michael Braungart et William Mc Donaugh, en 2002, ont posé les principes fondateurs de cette théorie appelée « du berceau au berceau » (C2C, « from cradle to cradle »). Les mots clés sont : partage, location, réutilisation, réparation, remise à neuf et recyclage des matériaux à l’infini. Ceci implique aussi d’augmenter la durée de vie des produits, de lutter contre leur obsolescence programmée, de préserver les ressources naturelles en limitant leur extraction et de réduire les déchets au maximum. L’autre pilier de l’économie circulaire est l’économie de la fonctionnalité. Son principe de pousser les consommateurs à acheter uniquement les services rendus par un bien plutôt que d’acheter le bien lui-même. Par exemple, vous louez un lave-linge auprès d’un fabricant d’électro-ménager au lieu de l’acheter. Même chose pour une automobile que vous louez au lieu de l’acheter. Ceci existe déjà sous la forme d’auto-partage. La Fondation Ellen Macarthur, véritable fer de lance de ce concept, fédère les initiatives d’économie circulaire et ses différents courants de pensées depuis 2009.

Les trois grands principes de l’économie circulaire

L’économie circulaire s’articule donc autour de trois principes fondateurs :

– d’abord la préservation des ressources naturelles en limitant l’utilisation de matières premières afin de préserver l’équilibre entre les ressources naturelles et le développement économique,

– ensuite l’optimisation du rendement des ressources, grâce à un nouveau modèle de conception des produits axé sur les services rendus par ce produit et non plus la propriété de celui-ci. On parle alors de location/leasing ou de partage/échange,

– enfin la mise en place de modes de production et de consommation plus vertueux

 

Le modèle de l’économie circulaire est hautement porteur d’espoirs et les entreprises, petites, moyennes ou grandes, s’y intéressent de plus en plus. L’économie circulaire va bien au-delà des critères ESG* habituellement retenus et s’inscrit d’ailleurs dans différents Objectifs du Développement Durable (ODD) adoptés en 2015 par 193 pays des Nations Unies ; comme par exemple l’objectif 7 de recours aux énergies renouvelables, l’objectif 11 de villes et communautés durables, l’objectif 12 de consommation responsable, l’objectif 13 de lutte contre le changement climatique ou encore les objectif 14 et 15 de protection de la faune et de la flore aquatiques et terrestres.

* ESG = Environnement, Social et Gouvernance

 

Quelles formes prennent les initiatives d’économie circulaire ?

Pernod-Ricard 1 atteindra en 2020 son objectif de zéro déchet mis en décharge

L’Oréal 1  a engagé une politique de packaging responsable fondée sur trois piliers, appelés les « 3 R » : Respecter, Réduire et Remplacer ; trois de leurs usines de production sont devenues sèches (100% de l’eau utilisée à des fins industrielles est recyclée indéfiniment)

– 86% des emballages du groupe Danone 1 sont recyclables, réutilisables ou compostables. Le 100% sera atteint en 2025. L’objectif est aussi de substituer de plus en plus de matières premières recyclées dans la production des emballages, en lieu et place des matières premières dites neuves.

– Nike produit, depuis 1992, un matériau appelé Nike Grind, obtenu à partir du recyclage de sneakers et de surplus non vendus. Nike Grind permet de fabriquer de nouvelles chaussures et aussi des matériaux pour des surfaces sportives de très haute performance (pistes de courses, sols des gymnases, courts, tapis de sol…), élaborées en collaboration avec des athlètes de haut niveau. 99,9% des déchets de production des chaussures Nike ont été recyclés ou transformés en ressources énergétiques au 4ème trimestre 2018.

IBM 1 travaille à la mise en place d’une « plateforme de gestion intelligente des déchets », qui consiste à collecter et traiter efficacement les informations complexes, disparates et nombreuses qui circulent dans un processus de valorisation des déchets : démographiques, collecte des déchets, données financières, informations climatiques ou sur les conditions de circulation. Des solutions de big data et d’intelligence artificielle sont alors nécessaires pour l’optimisation du traitement de l’information.

Les exemples industriels aboutis et réussis sont de plus en plus nombreux. Il n’est pas possible de tous les nommer mais ils permettent de comprendre la portée en termes de potentiel de rentabilité additionnelle pour l’actionnaire de ces entreprises.

L’analyse des causes de la production des déchets, de l’obsolescence programmée, du recours systématique aux ressources naturelles dans les processus de production, est un prérequis pour que l’économie circulaire soit mieux appréhendée par tous et qu’une véritable prise de conscience se développe au sein des différentes industries. Les constats de dysfonctionnements menés ici et là doivent conduire à une réflexion pour trouver des solutions de remplacement en terme de modèles de production et de consommation. Par exemple, Danone1 met en avant le caractère nuisible du film plastique qui emballe ses packs d’eau. Le groupe cherche alors une solution technique conduisant à la suppression totale de ce film plastique et permettant le transport facile de ces 6 bouteilles d’eau par les consommateurs. Une fois cette solution technique trouvée, elle sera implémentée par Danone. Il y a fort à parier que les concurrents de Danone dans le domaine de l’eau appliqueront la même démarche.

On assiste ainsi à une diffusion des bonnes pratiques d’économie circulaire. D’où la notion de « comportements vertueux ». Dans certains cas, les modifications des procédés sont beaucoup plus vastes et nécessitent de repartir de la conception d’un produit pour le rendre économiquement circulaire. On appelle cela « l’écoconception ». Par exemple, IBM1 travaille à la conception d’un PET (polytéréphtalate d’éthylène) issu du recyclage de plastics de différentes sources.

Qu’en est-il du cadre réglementaire ?

A ce stade, l’économie circulaire est officiellement répertoriée dans la loi française relative à la Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV) de 2015. Un projet de loi sur ce sujet est actuellement en préparation en France ; il vise à limiter le gaspillage, mobiliser les industriels pour transformer les modes de production, informer les consommateurs et améliorer la collecte des déchets pour lutter contre les dépôts sauvages. Présenté en conseil des ministres pendant l’été, il sera discuté au parlement à l’automne. »

Le 4 mars 2019, la Commission Européenne a mis en place un plan d’action « économie circulaire ». En tant que tels, les sujets et principes de l’économie circulaire sont à inclure dans une politique d’Investissement Durable. Ils donnent même lieu à des recommandations afin de bien délimiter les projets relevant effectivement de l’économie circulaire. La prochaine vague d’incitations réglementaires pourrait provenir de Mifid 2 en version complétée, ou encore de Mifid 3. L’ESMA, le régulateur européen, lance régulièrement des consultations afin d’avancer dans le domaine de la taxonomie des investissements durables. Son objectif est de fournir à la Commission européenne les outils nécessaires pour les prochaines étapes réglementaires.

 

Un concept compris mais encore jeune…

Il faut par ailleurs garder à l’esprit que les besoins de financements sont importants et que le développement de l’économie circulaire peut se heurter à différents freins. Par exemple, l’un des principaux enjeux  est le recyclage : en 2018, en France, le volume de plastiques recyclés n’a augmenté « que » de 12% par rapport à 20172. Ce chiffre est bien inférieur aux objectifs fixés par les gouvernements et les autorités dans la loi de Transition Energétique de 2015. La responsabilité est commune et se situe aussi (et surtout ?) au niveau des  citoyens qui ne prennent pas encore suffisamment le réflexe du tri sélectif. La difficulté d’acheminer un matériel électro-ménager en déchetterie pour son recyclage et le coût encore trop élevé de ce dernier sont également des freins au développement de l’économie circulaire.

Globalement, la plupart des secteurs industriels sont concernés par cette circularité. Les plus sensibles à cette thématique sont la construction, les mines et aciéristes, les constructeurs automobiles, les équipementiers télécoms et le textile. L’avantage de mettre en place une telle stratégie circulaire est la réduction du coût des matières premières. En effet, une matière première recyclée s’avère souvent moins coûteuse, notamment parce qu’elle n’est plus sujette à des variations de prix de marchés. Elle n’est plus touchée par sa rareté initiale puisqu’elle est réinjectée dans le système de production au moment où elle est recyclée. Cette nouvelle chaîne d’approvisionnement de matières premières recyclées implique donc une baisse des coûts de production. Ainsi, la «refabrication » d’équipements automobiles est de 30 à 50% moins coûteuse que la production de nouveaux équipements et elle génère 70% de déchets en moins3. Mais cela impose de revoir les processus de la conception (écoconception) à l’après-vente (réparations, démontage). Ce sont autant de projets d’investissements et de besoins de financements qui s’adressent aux investisseurs.

 

Mais la tendance est bien installée

En résumant les points essentiels de l’économie circulaire, on est en présence d’une tendance profonde en plein essor :

– Utiliser les anciens produits normalement promis à la déchetterie pour la fabrication de nouveaux en minimisant le recours aux ressources naturelles

– Minimiser la production de déchets

– Allonger la durée de vie des produits en facilitant le recours aux pièces détachées

– Collecter les déchets plastiques pour les remettre dans le cycle de production

– Optimiser la gestion des ressources naturelles

– Abaisser les coûts de production en recourant à des matières premières recyclées

– Adoption de comportements de plus en plus vertueux de la part des consommateurs et des industriels appartenant à des secteurs habituellement sujets à controverses

– Saine émulation sectorielle entre les acteurs industriels pour proposer des projets industriels de plus en plus vertueux et  rentables.

 

Agir comme consommateur mais aussi comme investisseur

Les investisseurs peuvent prendre part à ce virage qui pérennise les business models des sociétés qui naturellement ou indirectement s’inscrivent dans l’économie circulaire. Ces sociétés génèrent un développement économique durable et diminuent les risques associés à la non prise en compte des enjeux environnementaux (réserves de ressources naturelles non renouvelables, pollutions…). Les investisseurs disposent ainsi d’une nouvelle source de diversification de leurs actifs. Parmi les véhicules d’investissements disponibles en matière d’économie circulaire, on retrouve le tout premier ETF4 au monde sur cette thématique : ce fonds BNP Paribas Easy est coté en bourse et a été conçu selon une méthodologie robuste. Il investit sur un univers d’actions internationales et propose une exposition à la performance d’un indice composé de 50 entreprises de divers secteurs d’activité, sélectionnées pour leur appartenance à l’économie circulaire ou pour leurs initiatives dans ce domaine.

1 Les titres ci-dessus sont mentionnés à titre d’information uniquement et ne doivent pas être considérés comme une recommandation d’investissement.

2 Avril 2019 L’USINENOUVELLE

3 The daily Finance Avril 2019

4 Exchange Traded Fund : fonds indiciel coté

 

Les investissements réalisés dans le fonds sont soumis aux fluctuations du marché et aux risques inhérents aux investissements en valeurs mobilières. La valeur des investissements et les revenus qu’il génère peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas l’intégralité de leur placement. Les fonds décrits présentent un risque de perte en capital. S’agissant de fonds procédant à des investissements en devises étrangères, la conversion dans la devise est susceptible d’influencer la valeur des placements étant donné que cette dernière est tributaire des fluctuations de change. Pour une définition et une description plus complète des risques, merci de vous reporter au prospectus et DICI des fonds. Avant de souscrire, vous devez lire la version la plus récente du prospectus et DICI disponibles gratuitement sur notre site www.easy.bnpparibas.fr

Sur le même sujet :

Les investissements réalisés dans les fonds sont soumis aux fluctuations du marché et aux risques inhérents aux investissements en valeurs mobilières. La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas l’intégralité de leur placement. Les fonds décrits présentent un risque de perte en capital. Pour une définition et une description plus complète des risques, merci de vous reporter au prospectus et DICI des fonds. Avant de souscrire, vous devez lire la version la plus récente du prospectus et DICI disponibles gratuitement sur notre site www.easy.bnpparibas.fr. Les performances passées ne préjugent pas des performances à venir.